De plus en plus de Français choisissent de passer leur retraite à l’étranger. En 2024, on estime à plus de 300 000 le nombre de retraités français vivant hors de l’Hexagone (source : Caisse nationale d’assurance vieillesse). Si cette idée séduit par son exotisme ou ses avantages économiques, elle demande aussi une préparation rigoureuse. Car vivre sa retraite à l’étranger, ce n’est pas seulement changer de décor, c’est aussi naviguer entre fiscalité, santé, visa et qualité de vie.
Où vivre sa retraite à l’étranger ? Les destinations prisées
Le Portugal reste une valeur sûre, notamment grâce à ses avantages fiscaux (même si le régime d’exonération a évolué) grâce à son cadre de vie agréable et ses avantages fiscaux lire notre article dédié. Le Maroc séduit par sa proximité culturelle, ses soins de santé abordables et sa communauté francophone bien établie. La Thaïlande, quant à elle, attire pour son climat, son accueil chaleureux et ses coûts de vie très modérés.
D’autres destinations gagnent en popularité : l’Espagne, la Tunisie, l’Île Maurice ou encore le Costa Rica. Le choix du pays dépend de vos priorités : climat, budget, sécurité, système de santé, langue, ou encore distance avec la France.
Quelle fiscalité pour un retraité expatrié ?
Bonne nouvelle : vous continuez à percevoir votre pension de retraite française, même à l’étranger. Mais attention, le régime fiscal varie selon les conventions bilatérales entre la France et le pays d’accueil. Dans la majorité des cas, vos pensions sont imposées dans le pays de résidence. La France applique aussi une retenue à la source dans certaines situations.
Avant de partir, informez-vous précisément sur les accords en vigueur, en consultant la rubrique dédiée sur le site du Service Public. Une déclaration annuelle reste généralement obligatoire en France, même si vous êtes résident fiscal étranger.
Et la santé ? S’assurer efficacement à l’étranger
C’est l’un des points les plus sensibles. Si vous partez vivre hors Europe, vous ne serez plus couvert par l’Assurance Maladie française. Deux options s’offrent à vous : souscrire à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE), ou opter pour une assurance santé internationale privée.
La CFE permet de conserver un lien avec la Sécurité sociale française, mais ne couvre pas toujours l’ensemble des frais, surtout dans des pays où la médecine privée est coûteuse. Une complémentaire santé expatrié peut donc s’avérer nécessaire.
Quels visas pour s’expatrier à la retraite ?
Tout dépend du pays visé. Beaucoup proposent des visas « retraités » ou « long séjour » sous conditions de ressources mensuelles ou de preuve de pension. En Thaïlande, par exemple, le visa O-A est réservé aux plus de 50 ans avec au moins 65 000 bahts de revenus mensuels. Au Portugal, les ressortissants européens n’ont pas besoin de visa, mais doivent demander un titre de séjour après 3 mois.
Renseignez-vous bien en amont sur les formalités locales, qui peuvent parfois être longues ou complexes. Le site France Diplomatie offre des fiches pays détaillées avec les exigences mises à jour.
S’installer concrètement : logement, banque, impôts locaux
Une fois la destination choisie et le visa en poche, il faut organiser sa vie sur place. Louer d’abord quelques mois est souvent plus prudent que d’acheter immédiatement un bien. Certaines destinations demandent aussi l’ouverture d’un compte bancaire local, voire la domiciliation de votre pension.
Pensez aussi à vérifier la fiscalité locale (taxe foncière, impôts sur le revenu, taxe sur les successions) pour éviter les mauvaises surprises. Enfin, gardez un lien avec la France : boîte postale, adresse de correspondance, procurations éventuelles, etc.
Les documents utiles à réunir
Avant de partir, préparez les pièces suivantes :
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Justificatifs de retraite (relevé de pension, attestation CNAV)
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Passeport valide (au moins 6 mois)
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Certificat de résidence fiscale (si applicable)
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Contrat d’assurance santé ou CFE
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Traductions officielles de vos documents (si exigé par le pays)
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Procuration bancaire ou notariale (si nécessaire)
Une expatriation réussie : préparer mais rester souple
Partir vivre sa retraite à l’étranger, c’est avant tout un projet de vie. Il faut prendre le temps de bien réfléchir à ses besoins : est-ce une expatriation définitive, un test sur un an, un projet en couple ? Certaines personnes préfèrent faire des allers-retours plusieurs mois par an plutôt que de s’installer à temps plein.
Il est aussi important de tester votre pays en amont, hors période touristique. Louer un logement, se déplacer, rencontrer d’autres expatriés… Rien ne vaut l’immersion pour valider votre choix.